Interview à La Montagne : « Emmanuel Macron se comporte avec la France comme les liquidateurs dans les entreprises. »

Olivier Marleix, député LR de Dreux, en Eure-et-Loir, sort « Les liquidateurs ». Un livre pour décrypter la politique menée par le président de la République depuis 2017 qu’il considère comme « le paroxysme du illibéralisme ». Il propose un nouveau pacte productif et un nouveau pacte social « susceptibles de rassembler la famille de droite » élargie.

 

Pourquoi ce livre ? J’ai vu arriver Emmanuel Macron, dans l’entourage de François Hollande, dès  2012. Je le suis depuis bientôt dix ans. De ce fait, je n’ai pas été berné par l’image marketing qu’il a présentée en 2017. Mais, il a tout de même réussi, depuis son élection à la présidence de la République, à brouiller les cartes politiques. J’ai voulu y voir plus clair pour moi mais aussi pour les Français.

Vous le présentez comme l’ultime étape d’une politique qui mène la France à sa perte, pourquoi lui plus que d’autres ? Il a fait croire qu’il représentait une rupture alors qu’il est en fait le paroxysme de ce système illibéral qui laisse penser qu’il n’y a aucune alternative au grand marché mondial.

Son parcours depuis un lycée privé jusqu’à la banque Rothschild, en passant par l’ENA puis son élection à la présidence de la République, sans avoir eu de mandat local, l’empêche d’avoir ce rapport charnel à la France qu’avaient Giscard ou Mitterrand, par exemple. Même Hollande avait encore des scrupules et de la considération pour les Français. Macron n’en a aucun.

C’est-à-dire ? Il va jusqu’au bout d’un système qui détruit l’industrie, l’agriculture, qui est à l’origine des fusions-acquisitions, de la tentative de destruction de nos régimes de retraite au profit de fonds comme Black Rock…

Le  système actuel repose sur cette volonté de soumettre tout le monde au grand marché mondialisé en laissant des gens au bord du chemin. Pour éviter que ces dommages collatéraux ne conduisent à des révoltes comme celle des gilets jaunes, le gouvernement passe la serpillière sociale. Or, ce n’est pas de l’assistanat que les gens veulent. Je l’ai constaté dans les échanges avec les salariés de Konecranes (une entreprise de Vernouillet fermée par le groupe finlandais, en 2019, ndlr) ou avec les gilets jaunes du rond-point d’Anet, en Eure-et-Loir, par exemple. C’est une politique qui accentue les dépenses publiques et pénalise la France. C’est la quadrature du cercle.

Que proposez-vous comme alternative ? Il faut d’abord remettre l’État à sa place. Pour l’instant, il est en bas et en haut règne un capitalisme de connivence qui tient tout avec son lot de normes, de contrôles, de fiscalité. Il faut inverser cette pyramide pour libérer les forces vives.

Je crois au service public de la santé, de l’éducation auquel il faut donner des moyens mais avec un nouveau logiciel et la possibilité pour chaque Français d’y contribuer. On peut tout à fait proposer à tous les Français de participer à ce service public contre une rémunération de 10 € de l’heure. Beaucoup de retraités, j’en suis sûr, seraient heureux de participer. Une manière de soulager les fonctionnaires de tâches qui ne nécessitent pas de technicité particulière, ce qui leur laisserait du temps pour se concentrer sur celles qui nécessitent des compétences particulières.

Cela ressemble à un programme présidentiel. J’ai envoyé ce livre à beaucoup de personnalités politiques. Je crois qu’il peut contribuer à rassembler une famille faite de libéraux, de patriotes et de ceux qui sont attachés aux valeurs sociales. Je propose quelques grands axes qui peuvent servir de base à ce rassemblement.